Nous sommes mi-octobre et l’été austral approche à grand pas : quoi de tel pour conclure la saison des randos qu’une escapade au Piton des Neiges ? Après avoir randonné tout l’hiver, j’ai enfin estimé que j’étais prête à affronter le sommet de l’île ! Avec Audrey, ma fidèle co-randonneuse, on a donc enfilé nos meilleures chaussures de rando et on a commencé l’ascension samedi matin. L’objectif : arriver en haut pour le coucher du soleil, dormir sur place, profiter du lever de soleil et redescendre tranquilou jusqu’à la voiture.

Il existe plusieurs façons de grimper jusqu’au gîte du Piton des Neiges. Nous on a choisi de passer par le Bloc, depuis Cilaos, parce que c’est le plus court, mais il est aussi possible de passer par des chemins moins abrupts (et plus longs) pour monter en douceur. Tous les sentiers disponibles sont référencés sur Randopitons ici !

Si vous préparez le Piton des Neiges et que vous vous posez des questions, rendez-vous sur l’article FAQ dédié au sujet. Je vous raconte notre randonnée !

 

De Cilaos au Gîte : grimper un rempart et atteindre les nuages

 

Du Bloc au gîte, il faut compter environ 3h30 de montée le long d’un rempart : c’est un sentier très raide puisqu’il enchaîne les marches d’escalier sans aucune zone de plat sur un peu plus de 1100 mètres de dénivelé. D’ailleurs, au cas où vous vous posez la question, je préfère poser ça là, tout de suite : il n’y a aucun moment de plat dans la montée au Piton des Neiges. Faites votre deuil tout de suite, c’est mieux ! De notre côté, on avait préparé cette rando en grimpant les remparts de Grand Bassin et de Roche Plate : on savait ce qui nous attendait et on a attaqué cette partie sereinement.

On est donc parties de Cilaos à 10 heures : le temps de faire le trajet depuis l’ouest, mais aussi de faire un petit déjeuner bien mérité à base de gâteau patate et barres de céréales. Un peu comme pour toutes les randonnées qui commencent par de la montée, j’ai toujours besoin d’un petit temps d’adaptation, pour trouver mon rythme. Ca n’a pas loupé avec celle-là et j’ai passé la première demi-heure à souffler comme un boeuf en alternant les pics de vitesses et les mini-pauses pour reprendre mon souffle. Je pense que sur ce sentier particulièrement, l’envie de monter vite m’a poussée à accélérer : en réalité la rando est tellement longue qu’il vaut mieux commencer tout doux et s’économiser au maximum !

 

le piton des neiges par le bloc

la première partie de la rando se fait dans une ambiance bucolique

 

A mesure qu’on monte, la vue sur Cilaos se dégage et on peut voir le cirque, ainsi que le Piton des Neiges, l’occasion de visualiser à quel point la montée est ambitieuse ! Au bout d’une heure et demie, on atteint un petit abri au milieu des cryptomérias où il est possible de se réapprovisionner en eau. Il marque à peu près la moitié du trajet entre le départ et le gîte. Wouhou ! On a savouré cette petite victoire, même si les têtes de gens qu’on croisaient nous indiquaient que le plus difficile restait à venir. Et effectivement, la deuxième partie de la montée, qui dure environ 1h45 est constituée de marches encore plus hautes et effritées. Cela dit, on avait trouvé notre rythme, et on était plus ou moins dans les nuages : On n’a donc pas eu très chaud, et c’est probablement le moment le moins pire dont je me souviens de cette rando !

 

randonnée piton des neiges depuis le Bloc

Le cirque de Cilaos vu depuis le Bloc

 

Enfin, au bout d’un moment, on a émergé des nuages et victoire ! Le gîte nous attendait, tout ensoleillé. On s’est empressées de se tartiner de crème solaire et de rejoindre une table de pique-nique pour une pause bien méritée ! On s’est arrêtées au moins une heure, le temps de manger, de re-remplir nos gourdes d’eau et de lézarder un peu au soleil. Je pense que globablement, le fait de ne pas se mettre de contrainte horaire, et d’avoir fait une aussi longue pause au gîte nous a permis de mieux gérer l’effort tout au long de la rando.

 

Du Gîte au sommet du Piton des Neiges : l’escalier interminable

 

Bon, là c’est le moment où je fais un mea culpa public. De manière générale, j’ai tendance à oublier complètement la topographie des randonnées que je fais, ce qui fait que j’affirme généralement des choses complètement fausses comme “au prochain tournant on est arrivés” ou “t’inquiète, à partir de là c’est plus facile”. Pour le Piton des Neiges, ça n’a pas loupé. Je ne sais pas pourquoi, j’étais persuadée que la montée du gîte au sommet se faisait sur un faux-plat peinard et qu’on laissait le plus dur derrière nous. PAS DU TOUT. La montée depuis le gîte est probablement la pire partie de la rando (rendue horrible par le fait que je ne m’y attendais absolument pas, probablement) : c’est une pente très raide, avec des marches d’escalier hautes, escarpées et rendues glissantes par la poussière et les petites roches volcaniques. Comme on était au-dessus des nuages, on a fait toute la montée sous un soleil de plomb, sans vent et en suant à grosses gouttes. Autant j’avais consommé très peu d’eau sur la première partie de la rando, autant j’ai bien bu un bon litre sur cette portion !

 

piton des neiges depuis le gîte

Dans la caillasse et la chaleur

 

Cette montée qui devait durer 1h50 nous a donc pris 2h40, entre autres parce qu’on a multiplié les pauses, en cherchant désespérément de l’ombre entre les cailloux.

A mesure qu’on s’approche du sommet, le paysage change : on quitte les buissons pour une terre plus rouge et plus pelée. Pour le coup, on a vraiment l’impression de grimper au sommet d’un volcan, c’est encore différent des autres sommets de l’île. Dans les derniers mètres, on commence tout doucement à sentir les effets de la raréfaction de l’oxygène : rien de très terrible, mais j’étais un peu plus essoufflée et j’avais plus de mal à tenir une discussion tout en marchant.

 

Randonnée piton des neiges une journée

La dernière partie de la randonnée, avant le sommet.

 

A 16h40, enfin on est arrivées au sommet.

 

Dormir au sommet du Piton des Neiges : du coucher au lever du soleil

 

On est donc arrivées une bonne heure et demie avant le coucher du soleil et on avait encore le sommet rien que pour nous ! En partant à 10 heures, on a donc mis un peu plus de 6h30 à arriver en haut, en comptant les pauses. Personnellement, d’avoir atteint le sommet, ça m’a donné un regain d’énergie ! Et ça tombait bien, on devait encore monter la tente avec Audrey. Au sommet du Piton des Neiges, il y a donc plein de petits abris en pierre censés arrêter le vent : on en a sélectionné un dans lequel on a monté notre tente. Pour le reste du camping, c’est extrêmement rustique puisque, euh, il n’y a rien. Prévoyez tout ce que vous comptez utiliser au sommet (eau, nourriture, chaleur), vu qu’il n’y a même pas un bout de bois à faire flamber !

Une fois qu’on a pris soin de répondre à ces préoccupations bassements matérielles, on a vraiment pu profiter du sommet : je me suis régalée à le prendre en photo sous tous les angles. Il y a finalement assez peu de monde au coucher du soleil et être aussi haut et à ce point au dessus des nuages, c’est grisant !

 

Sommet du piton des neiges

Le sommet du piton des Neiges – yeaaah !

 

La nuit est tombée progressivement et les étoiles étaient au rendez-vous ! Côté température, on a eu la chance de ne pas avoir de vent : il  faisait donc froid, mais c’était tout à fait supportable. Moi, par exemple, j’avais un sous-pull en polaire, une laine polaire et un coupe-vent ultra-léger. J’avais aussi un bonnet, un buff et une paire de gants.

Les randonneurs ont continué à arriver jusqu’à 19 heures et notre petit abri s’est vite retrouvé entouré de tentes : pour un endroit loin de tout, on n’était pas vraiment seules au monde. D’ailleurs un petit conseil si vous prévoyez de dormir au sommet, pensez à chuchoter quand vous êtes dans votre tente, tout le monde n’a pas envie de savoir ce que vous avez pensé du dernier Seigneur des Anneaux.

Le lendemain matin, après une nuit passée à se retourner pour essayer de trouver une position moins inconfortable qu’une autre, tous les réveils ont sonné à 5 heures et on est sortis, encore endormis, pour voir le soleil se lever. Chose amusante, quand il fait encore sombre, on peut voir la colonne de marcheurs qui montent au sommet depuis le gîte à la frontale. Lorsque le soleil se lève, on voit les cirques dégagés et le volcan, au loin, qui fume encore.

 

voir le piton des neiges de nuit

Juste avant le lever du soleil

 

Au final, j’ai préféré le coucher de soleil au lever : il y avait beaucoup moins de monde (sérieux c’est HALLUCINANT la quantité de gens qui montent le Piton des Neiges) et la lumière était plus belle. Après, c’est vrai qu’au lever on peut voir le cirque de Cilaos bien dégagé et la vue des Plaines jusqu’au Volcan. Au coucher, il faut plutôt aimer regarder les nuages pour bien profiter de la vue. En parlant de la vue d’ailleurs, on m’a souvent dit que le Piton des Neiges n’offrait pas la plus belle vue de l’île, et c’est vrai. Je m’attendais à une vision de la Réunion à 360°c et ce n’est pas du tout le cas. On voit très bien Cilaos et les Plaines, mais le cirque de Mafate, et celui de Salazie se devinent à peine. En plus, on est tellement hauts qu’on n’apprécie pas tellement les reliefs. Ca reste très impressionnant, mais ne vous inquiétez pas si vous avez beaucoup de nuages une fois au sommet, finalement, c’est ce qui fait partie de la beauté du panorama.

 

Lever du soleil au piton des neiges

Le Piton des Neiges au lever du soleil

 

Redescendre : quand tes articulations te supplieront d’arrêter

 

A 7h30, après avoir profité du lever de soleil sous tous ses angles, et galéré comme personne à replier le matériel de camping pour tout faire rentrer dans nos sacs, on a amorcé la descente. Heureusement, on avait monté avec des bâtons de randonnée et on avait encore peu de courbatures de la montée, mais c’était clairement pas une partie de plaisir. Au bout d’une heure, on a commencé à avoir les articulations qui pleurent. En 1h30, on avait atteint le gîte pour un deuxième petit déjeuner. Sur la deuxième partie de la descente, on pensait mettre largement moins de 3h30 pour arriver à la voiture, mais la fatigue de la rando a commencé à nous plomber les guiboles et on a mis autant de temps à descendre le rempart qu’à le monter : on n’est arrivées qu’au bout de 3 heures de marche, complètement épuisées ! Moi qui avais bien géré l’aspect psychologique à la montée, j’ai frôlé le craquage à la descente, que j’ai trouvée interminable.

Au total, on a mis 5h30 à monter (sans les pauses) et 4h30 à redescendre (sans les pauses, non plus). C’était effectivement une randonnée difficile et longue, mais heureusement, j’étais suffisamment préparée pour la faire sans trop souffrir. Je pense qu’on a eu un temps exceptionnellement beau tout le long de la randonnée, ce qui fait qu’on en a vraiment bien profité. Ça reste une marche emblématique de l’île, mais clairement elle n’est pas accessible à tous ! Si comme moi, tu es plutôt limace à tendance molle et pas sportive, il vaut mieux t’entraîner un peu avant de grimper le Piton. Cela dit, je suis encore plus fière d’avoir réussi, en sachant que je partais d’aussi loin !

 

île de la réunion piton des neiges

On fini par un petit résumé de la rando ?

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